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Le soutien-gorge... toute une histoire !
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Que portaient donc les Crétoises, sous leurs drapés, 2000 ans avant Jésus-Christ ?
Une statuette en terre cuite représentant une femme Crétoise aux seins épanouies (la Déesse aux Serpents) accrédite la thèse selon laquelle un corset soutenant les seins (l’ancêtre de la guépière !) était porté par les Crétoise sous leurs drapés. Jacques Laurent dans son « Histoire imprévue des dessous féminins » évoque une femme crétoise "aiguisée par ses dessous enflammés, par la bigarrure de ses volants... montrant une volonté violente de séduire".
Un siècle plus tard, l’apodesme, (bandelette d ‘étoffe enroulée sous la poitrine, est adopté. Dans leur quête d’harmonie, les grecs s’opposent violemment à l’idée du sein tombant, tout comme les romains dont les « fascia » freinent la croissance en l’emprisonnant.
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Le mamillare, en cuir mou prend le relais pour écraser la poitrine des matrones. A la chute de l’empire romain et à la suite des grandes invasions, le buste retrouve sa liberté… jusqu’au XIIème siècle, avec la mode des vêtements moulants qui étranglent à nouveau la poitrine... A partir du XVème siècle, dans le duché de Bourgogne, les seins sont mis en évidence par les femmes qui arborent une ceinture sous leur poitrine. Montrer la naissance des seins devient chose permise, sinon souhaitée !
Redevenue vertueuse sous Charles Quint puis Henri II, la femme est alors captive de robes sombres fermées jusqu’au menton et se voit forcée d’enfiler un corset qui n'a vraiment rien d'un accessoire érotique et un siècle plus tard, en 1654 et 1656, Mazarin rend deux édits contre « les passementeries et les éléments de la toilette féminine ». L'intolérance gagne du terrain. La Régence met fin aux polémiques. Les discours libertins les remplacent, et bien que le corset soit toujours d’actualité, des baleines plus souples et plus nombreuses contribuent à le rendre moins contraignant. C’est la renaissance du décolleté.
La bataille anti-corset, déclenchée par le corps médical dès 1750 et à laquelle participe Jean-Jacques Rousseau s'en prend à ces « échafaudages » susceptibles de nuire à la santé, et réservés à une élite. Les femmes de la campagne y ont depuis longtemps renoncé, leur préférantt un corset lacé, pas trop serré et moins génant pour leurs tâches qutoidiennes.
A la fin du XIX ème siècle le terme dessous fait son apparition et se substitue plus élégamment à celui de linge de corps. La dentelle et les broderies les agrémentent et le corset, qui modèle les femmes sur le modèle du sablier, entonne son chant du cygne. Trop contraignant et s'accommodant mal des velléités libertaires de la garçonne des "Années folles", il est banni par quelques grands couturiers, tels Paul Poiret ou Madeleine Vionnet. A la première guerre mondiale, alors que les hommes se battent, les femmes se mettent au volant, les usines se remplissent d'un personnel féminin qui souhaite se simplifier l'existence. Les bourgeoises, privées de leurs femmes de chambre troquent leur corset contre une gaine, plus souple, plus facile à enfiler, et dont les baleines sont remplacées par des ressorts caoutchoutés. C’est la fin du corset et l'avènement du soutien-gorge, inventé par une jeune Américaine, Mary Phelps Jacob, qui fabrique, en 1913, le premier soutien-gorge avec des mouchoirs et des épingles de sûreté. C'est Warner's qui rachète le brevet et qui crée les bonnets à profondeur variable, de A à E, les bretelles élastiques et même le bonnet moulé sans couture des années 70. Le nylon va, lui aussi, bouleverser le monde de la lingerie, il ne sera détrôné par aucun autre textile. Une nouvelle fibre synthétique « le lycra » fait alors son apparition. Capable de reprendre sa forme initiale, sans déformation, après avoir été étiré jusqu’à 7 fois sa longueur, il a d'autres avantages : dont celui d'améliorer le maintien des tissés, d'augmenter la résistance des mélanges auxquels il participe, de rendre leur entretien très aisé, de jouer les accélérateurs de séchage, bref, d'apporter à des matières naturelles comme la soie ou la dentelle un maximum de confort et de tonus. Le lycra n'est évidemment jamais utilisé seul. Il serait donc plus juste, de parler d'un vêtement avec lycra, ce qui éviterait la confusion lycra = synthétique. D'autant plus injustifiée que, combiné au coton ou à la soie, il conserve toujours les qualités de la fibre majoritaire. Autre précision: il peut être transparent, mat ou blanc, et comme il ne prend pas la couleur, il doit toujours être recouvert d'un fil de nylon qui le protège tout en permettant sa teinture.
Pour en savoir plus, quelques ouvrages passionnants : "Les Dessous de la Féminité, un Siècle de Lingerie" par Farid Chenoune, "Corsets et Soutiens-Gorge, l'épopée du sein de l'Antiquité à nos jours" Béatrice Fontanel, "Les Grands Moments de la Mode" "Ces Sublimes Objets du Désir" par Régine Deforges, "Histoire technique et morale du Vêtement" Maguelonne Toussaint-Samat, "Trouvez votre style" Chantal Thomass.
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